Avec Fillon, le message est clair, celui d’une droite qui se durcit, qui affiche un état toujours plus décomplexé

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Le peuple de droite s'est donc exprimé. Pas évident pour des anticapitalistes de commenter ce qui se passe à droite, c'est pas vraiment nos oignons mais quand même on est concernés. Alors on peut en dire quelques mots. Notamment sur les deux surprises en une: l'éviction de Sarkozy qui n'est pas spécialement désagréable (quand il se prend une baffe, ça fait toujours plaisir) et la victoire de Fillon qui distance Juppé. 

Il y avait 7 candidats qui défendaient la même idéologie. Mais avec Fillon on sent bien que le message est clair, celui d'une droite qui se durcit, qui affiche un état toujours plus décomplexé. A fond anti-sociale, prête à s'attaquer à tous les droits des travailleurs et de la population (retraite, temps de travail, salaire, cdi, services publics...) et aussi à fond dans l'ordre moral réactionnaire (identité, anti-immigrés, religieux...). 

Le message est clair, la droite revient et ça va faire mal. Mais si la droite revient en force c'est quand même grâce à Hollande-Valls qui par leur politique servile à l'égard des patrons, par les attaques antisociales, par leurs reniements ont ouvert grand les portes à une surenchère hyper droitière et réactionnaire. 

On nous a fait bouffer de la primaire de droite pendant des mois, comme on va nous faire bouffer de la primaire PS, libéral aussi et du soi-disant hors système Macron, libéral encore. Mince on étouffe sous cette propagande, cette pression idéologiques qui traduit la guerre de classe des possédants contre les milieux populaires. La réponse, et il y a urgence, c'est la défense de notre camp social, c'est faire vivre les idées anticapitalistes, les idées de la lutte sociale comme on l'a vécu avec la récente mobilisation contre la loi Travail. 

On a trop souvent compté sur un sauveur de gauche, on a trop chercher le moins pire. Maintenant on le paye cher. La droite est partout, certes plus ou moins dure, plus ou moins extrémiste, mais elle est là, envahissante, assommante, destructrice, mortelle. 

Il est temps de compter sur nous, sur nos résistances, de prendre nos affaires en mains, de construire et préparer la riposte générale. Il y a toutes les raisons de se révolter, de reprendre la rue. Il y a aussi, malgré une situation politique difficile, toutes les raisons d'espérer que le rapport de force peut changer. 

A nous de rompre avec ce système, à nous de nous faire entendre... maintenant.