Bordeaux : Philippe Poutou (re)lance sa campagne pour le NPA

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Philippe Poutou ce vendredi 13 janvier à Bordeaux / © Taris Philippe

Publié par Sud Ouest. 

Déjà candidat en 2012, l’ouvrier bordelais de chez Ford représentera à nouveau le Nouveau parti anticapitaliste, confronté à la difficile collecte des parrainages.

Le candidat-ouvrier est actuellement dans un temps partiel convenu avec son patron : deux jours à l’usine Ford de Blanquefort, trois jours sur le terrain de la lutte politique et sociale. Pendant les 5 semaines de campagne officielle pour la présidentielle, il se consacrera à temps plein à faire entendre les voix et voie révolutionnaires de son parti. "Il se peut qu’une lutte se déclenche chez Ford qui semble préparer en douceur une fermeture du site de Blanquefort", dit Philippe Poutou. "Cela va être difficile de mener les deux de front mais ce sera aussi une bonne illustration des combats à mener."

Pour la deuxième fois, Philippe Poutou représentera le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à une élection que le parti d’extrême gauche ne reconnaît pas mais dont il compte se servir pour "faire entendre les salariés et chômeurs que le système capitaliste exploite et appauvrit dans tous les pays."

"Ignorance médiatique"

Ce vendredi matin à Bordeaux au siège régional du NPA dans le quartier Saint-Michel, entouré notamment d’une militante élue à Lormont et d’une représentante du NPA jeunes, a déploré l’ignorance médiatique dont son parti, entre autres, souffre. "Les primaires à droite et au PS n’ont pas arrangé les choses", constate-t-il. "La grande majorité est consacrée à des gens qui n’ont que très peu de différences entre eux et appliquent une même politique libérale désastreuse."

Autre souci pour le NPA, plus aigu semble-t-il qu’en 2012 : la collecte des parrainages d’élus, "rendue plus difficile par les nouvelles conditions qui servent les plus gros mouvements une fois de plus." Les maires doivent cette année envoyer eux-mêmes leur formulaire, ce qui peut occasionner des retards ou des imprécisions, selon le NPA. "Pour un Macron ou un Fillon, pas de problème, mais pour nous qui peinons à en rassembler 500, c’est crucial", souligne Poutou.

Il manque 300 signatures

Le NPA avait déposé 570 parrainages en 2012. "Nous n’en sommes pas à 200 aujourd’hui", indique le candidat. "Même si la période sera plus propice après la primaire du PS, il y a de quoi s’inquiéter sur la présence d’une vraie diversité à l’élection."

Mélenchon? "On partage un constat anti-libéral et une action dans le mouvement social sur la loi travail", dit le candidat NPA. "Mais cet ex-ministre du gouvernement Jospin veut être président dans un système politique qui ne marche pas." Macron et son livre "Révolution"? "Je ne l’ai pas encore lu mais cela m’étonnerait qu’il y ait un chapitre sur la lutte des classes. Cet énarque, banquier et ancien ministre de Valls a un culot sans limite dans la confusion des genres."

Le programme? "Utiliser l’élection pour susciter le débat, proposer autre chose et préparer les luttes à venir, après l’élection. De l’accueil des migrants à la protection des services publics en passant par les luttes écologistes, la cause est la même: le capitalisme. La population qui fait la société peut la diriger." 

Philippe Poutou sera en meeting à Sciences PO/IEP (Institut d’études politiques) Bordeaux le 1er février à 18 heures.