Philippe Poutou à ONPC: “c'était grossier et ridicule”

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AFP

Publié par rmc.bfmtv.com. Invité ce samedi dans l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché, Philippe Poutou a dû faire face au fou rire de la chroniqueuse Vanessa Burggraf qui l'interrogeait sur sa proposition d'interdire les licenciements. Un fou rire jugé comme du mépris social sur les réseaux sociaux. Le candidat du NPA à la présidentielle a, lui, été surpris que cette séquence ne soit pas coupée au montage. "Est-ce que c'est pour montrer qu'ils se foutent de moi?", s'interroge-t-il sur RMC.fr.

Philippe Poutou est candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) à l'élection présidentielle:

"J'ai été surpris qu'ils gardent la séquence. C'était ridicule, grossier, même pour eux, ce sont eux qui se dévalorisent. Ce sont eux qui n'arrivent pas à gérer, il y a un malaise. Je ne comprends pas le calcul, et la démarche de garder la séquence. Est-ce que c'est pour montrer qu'ils se foutent de moi? Est-ce qu'ils se foutent vraiment de ce qu'on représente, de l'idée de la contestation de la société, de l'interdiction des licenciements, de l'ouverture des frontières?

De toute façon, Laurent Ruquier, juste avant le fou rire, il dit 'vous êtes invité parce qu'on est obligé'. C'est fort, ça commence déjà bien. C'est comme s'ils voulaient montrer que j'étais là parce qu'ils n'avaient pas le choix. Bien sûr qu'il y a une dévalorisation de ce qu'on représente. Dans ces émissions, ils sont tellement obsédés par eux-mêmes, tellement nombrilistes, ça fait les malins à tout comprendre, à tout savoir, à analyser n'importe quoi. Là, ils sont dans un rapport où je n'ai rien à vendre, ils n'ont pas bien géré ma présence, ils ne sont pas dans un rapport d'interview classique.

 

"Ne pas être pris au sérieux, ce n'est pas un scoop"

Ne pas être pris au sérieux, ce n'est pas un scoop. J'ai vu les réactions sur l'émission, ça a été vu comme du mépris social et de la condescendance, ce qui est vrai, mais ça semble avoir frappé beaucoup plus les gens que moi.

Moi je suis dans le truc, je m'attends tellement à ce que ça ne soit pas cool, que quand je suis dedans mon problème, c'est de dire les choses et c'est d'autant plus compliqué dans des émissions comme celle-là. Je savais que ça n'allait pas être sympa, après mon problème ce n'est pas tellement comment je suis perçu ou comment ça se passe mais comment ne pas gaspiller l'espace que j'ai.

Là, l'émission est particulière mais dans les interviews classiques, on le ressent aussi sous des formes différentes. Vendredi, j'étais à BFMTV, mais juste avant l'info tombe sur l'information judiciaire contre Fillon. Je vois bien qu'ils sont un peu embêtés avec mon arrivée, du coup j'ai passé 20 minutes sur le plateau à parler  de temps en temps et encore c'était pour commenter l'affaire Fillon. La journaliste s'est excusée par la suite, mais j'étais censé discuter de mes idées. C'est révélateur de la place qu'on a et de comment on est traité par-dessus la jambe.

 

"Un désintérêt complet de ce que l'on peut défendre"

On voit bien qu'il y a un problème plus profond de désintérêt complet de ce que l'on peut défendre, l'idée de la contestation d'un système.

J'ai fait plus de médias il y a 5 ans en étant le nouveau pas connu, qu'aujourd'hui où on n'a quasiment pas eu d'espace médiatique. Quand je compare avec 2012, on est sous-médiatisé, bien plus que d'habitude. Moins on est médiatisé, plus on perd en crédit. Le crédit politique est lié à notre capacité à intervenir dans les médias et là ça nous complique la tâche pour les parrainages. Si les élus ne nous voient pas, ils ne pensent pas à nous ou alors ils se disent que ce n'est pas la peine de nous soutenir.

Mais on est motivés, on représente quelque chose, on a envie de faire entendre cette colère, cette révolte, donc ça nous donne l'énergie pour le faire, mais ça ne garantit pas qu'on y soit.

On se dit qu'avec le visage que montre le monde policier on a encore plus de raison d'être. Ce n'est pas qu'on veut capter tout le mécontentement mais qu'on peut faire de la politique différemment.

Pour mettre à égalité tout le monde il faudrait faire parler tout le monde. Les gens vont moins facilement voter pour nous si on n'a pas l'occasion de défendre notre programme et d'expliquer pourquoi on est là".

Propos recueillis par Paulina Benavente