S’il peut, José Le Guélaff votera pour Poutou

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Publié par Ouest France. Les maires soutiennent les candidats à la présidentielle. Il a donné sa signature à Philippe Poutou. Rencontre avec José Le Guélaff, à Motreff, un maire qui tape du poing sur la table et qui ne mâche pas ses mots.

Vous avez accordé votre signature à Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste, pourquoi ?

Quand nous nous sommes battus pour la sauvegarde de notre troi- sième classe, c’est le seul à être venu nous voir et nous soutenir. Du coup, c’était signature contre signature : il a signé notre pétition, j’ai signé pour qu’il puisse se présenter à la prési- dentielle.

C’est aussi un homme proche de votre sensibilité ?

Bien sûr ! Poutou, c’est la vraie gauche ! C’est un homme du peuple, un vrai. Quelqu’un qui connaît les problèmes dans les grandes entre- prises, l’exploitation des ouvriers. En Bretagne je fais un parallèle avec les personnes qui travaillent dans l’agro- alimentaire et qui n’atteignent même l’âge de la retraite tellement elles sont fatiguées ou malades ! Alors quand j’entends des gens comme Macron, les traiter d’illettrées, ça me met hors de moi. C’est un manque complet de respect, il ne mérite pas l’approba- tion du peuple !

Avez-vous déjà été encarté au sein d’un parti ?

Il y a quelques années, un an au parti communiste. Jamais depuis. Mais mes convictions sont et resteront toujours ancrées à gauche. Bien à gauche.

Qu’attendez-vous du futur Président ?

Un peu d’ordre dans les affaires politiques ! Les gens n’en peuvent plus de voir des dirigeants en per- manence avec la main dans le pot de confiture ! Je veux que le peuple soit vraiment représenté. Pour ça il faudrait en finir avec des établisse- ments comme l’ENA, Science-Po et Polytechnique. Et puis, je veux une sixième république. Il faut que nous repartions sur des bases saines.

Et d’un point de vue économique, que souhaitez-vous pour la France ?

[Il tape du poing sur son bureau]

Un vrai partage de l’argent ! Et sur- tout, surtout, que l’on arrête de creu- ser le gouffre entre les plus riches et les plus pauvres. Enfin, il faut quand même que chacun puisse vivre de son travail ! Ce n’est pas normal que de plus en plus de personnes aient du mal à joindre les deux bouts chaque mois ! Je veux aussi une équité entre les territoires ruraux et les territoires urbains. La ruralité a été laissée de côté !

Quel bilan dressez-vous du quinquennat ?

Négatif, de A à Z. François Hollande avait promis deux choses : s’attaquer à la finance et s’intéresser à l’éduca- tion nationale. Résultat : les inéga- lités se creusent et il faut se battre pour garder des classes ouvertes...

Mais Philippe Poutou, faute de signatures, n’est pas certain de pouvoir se présenter...

Et c’est dommage. S’il ne peut pas y aller, je voterai Mélenchon. Je l’ai déjà fait. Un coup NPA, un coup Mé- lenchon. Mais comme je l’ai dit, tou- jours bien à gauche.

Au second tour, vous pourriez envisager de voter Hamon ? Macron ? Ou Fillon ?

Macron ou Fillon au second tour ? Certainement pas. Jamais ! Je remet- trai un bulletin de Mélenchon dans l’urne. Pour Hamon oui, c’est pos- sible. Il a su se démarquer et faire sa- voir qu’il n’était pas là pour mener la politique que le gouvernement avait choisie. J’ai apprécié sa démarche, il a eu raison de le faire.

Quel est votre pronostic pour le second tour ?

Hélas, je pense que Marine Le Pen y sera. Et pourtant, l’histoire de France est déjà trop liée aux extrémismes. Les cimetières des communes en portent toujours les stigmates. Mais qui est-ce qu’elle affrontera au se- cond tours ? Je n’en sais rien...

Recueilli par Anaëlle BERRE