Les jeunes ont raison de se révolter

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Photothèque Rouge / JMB

François Hollande avait promis de faire de la jeunesse et de l’éducation sa « priorité ». Pourtant, la « priorité » du gouvernement PS a été de poursuivre la casse de l’Éducation par la réduction des budgets tout en laissant une plus grande place au privé dans les universités (loi Fioraso, fermeture de filières…). Il a renforcé la répression et l’embrigadement de la jeunesse au prétexte de la lutte contre les « phénomènes de radicalisation », et accentué la précarité au travail avec la loi Macron et la loi travail. La casse des services publics de santé et de logement étudiant a touché brutalement la jeunesse. La précarité empêche d’obtenir son indépendance financière, de faire ses choix de vie. Elle débouche sur des situations dramatiques comme à Lille où un étudiant a été retrouvé mort de faim dans sa chambre du CROUS.

La colère contre la loi travail, autour du slogan #OnVautMieuxQueÇa, était une réponse à cette réalité. Pour les jeunes, les perspectives d’avenir sont marquées par l’idée de vivre moins bien que ses parents, d’enchaîner petits boulots et périodes de chômage, et de n’avoir d’autre choix, pour survivre, que de rentrer dans la logique de compétition du touTEs contre touTEs. Les autres candidats, de droite comme de gauche, sont bien loin de répondre à cette vision morose de l’avenir, et semblent s’être accordés sur le fait que le projet pour la jeunesse devrait être celui de la mise au pas nationale-républicaine, par différentes formes de services civiques obligatoires. Nous sommes la candidature d’une jeunesse qui refuse de marcher au pas, au son des bruits de bottes de l’état d’urgence et de l’islamophobie.

LycéenEs, étudiantEs et jeunes travailleurEs ont été parmi les premiers à reprendre le chemin de la rue après l’élection de Hollande, contre l’expulsion de Khatchik et Leonarda, contre les violences policières suite aux assassinats de Rémi Fraisse et d’Adama Traoré, contre les projets capitalistes inutiles à Notre-Dame-des-Landes et Sivens, contre la mascarade de la COP21, et contre la loi travail et son monde. 

 

C’est cette perspective de lutte que nous portons, contre tous les coups de matraque que la jeunesse a dû affronter, et pour que la jeunesse reprenne en main son avenir. Pour cela, nous revendiquons : 

• Contre la misère et la précarité des jeunes : un pré-salaire d’autonomie financé par les cotisations patronales ; l’interdiction des contrats précaires et des stages obligatoires non rémunérés ; pour les jeunes en apprentissage, pas de salaire en dessous du SMIC et des vacances comme les jeunes scolarisés ; de véritables services publics de la santé dans les universités avec accès gratuit à la contraception et l’IVG.

• Contre la répression et l’embrigadement de la jeunesse : stop aux contrôles au faciès et à l’impunité policière ; légalisation du cannabis ; rejet de tout projet de service militaire ou civique ; abrogation des lois anti-voile au lycée ; amnistie des manifestantEs inculpéEs.

• Pour des enseignements et des savoirs au service des besoins réels et accessibles à touTEs : abrogation des loi LRU et Fioraso ; des budgets adaptés aux besoins réels ; la fin de la présence des patrons dans les conseils d’administration des universités ; la fin de la vidéosurveillance et des vigiles sur les campus universitaires ; pas plus de 20 par classe dans les lycées.