Notre programme pour l’éducation

Hollande avait fait campagne en promettant de « sanctuariser » le budget de l’Éducation et de créer 60 000 postes dans ce secteur. En réalité, seulement 13 000 équivalents temps plein ont été créés depuis 2012, ce qui ne suffit même pas à compenser l’accroissement des effectifs. On tente de pallier ce manque criant d’enseignantEs par l’embauche de vacataires et des contractuelEs, mal payéEs et peu forméEs. Et la droite promet dans ce domaine une nouvelle saignée.

L’école est désormais conçue dans une logique de marché, devant être compétitive. Les principales mesures prises par les gouvernements socialistes s’inscrivent dans cette logique. Réforme des rythmes scolaires, réforme du collège et de l’éducation prioritaire, autonomisation accrue des universités, ont toutes contribué à rogner des moyens et à accentuer les inégalités face au droit à l’éducation.

Sous couvert de « révolution pédagogique », les compétences sont dévoyées pour mettre en place un système d’évaluation directement en lien avec le marché du travail dans lequel l’élève devra s’insérer grâce à son livret, informatisé, tout au long de son parcours scolaire. La connaissance n’est désormais plus un outil d’ouverture et d’émancipation mais un capital cumulable sous contrôle de l’État et du patronat.

Ces transformations de l’école s’accompagnent d’un renforcement de l’encadrement idéologique avec la mise en place de disciplines telles que l’Enseignement moral et civique (EMC) et d’un contrôle social accru avec des injonctions à dénoncer les élèves « en voie de radicalisation », et l’utilisation de la répression contre les lycéenNEs cherchant à exercer leur droit de grève.

Face à ces politiques qui reproduisent et renforcent les inégalités sociales, visent à faire de l’école un marché et les élèves de la chair à patron, nous défendons :

• Une école détachée des besoins du patronat.

• La mise en place de pédagogies émancipatrices qui soient des outils pour penser de façon autonome afin d’acquérir plus de connaissances, de comprendre le monde et de résister à l’oppression. La participation progressive des élèves au choix des apprentissages.

• Une école gratuite où apprentissages techniques, manuels et intellectuels sont pensés en complémentarité et non comme un outil de tri social.

• Une université gratuite et sans sélection.

• Des moyens conséquents pour permettre à toutes et à tous de bonnes conditions d’apprentissage (effectifs limités à 20 par classe), avec des créations massives de postes de fonctionnaires et la titularisation de tous les précaires.

• La fin des subventions publiques aux écoles privées qui bénéficient de la casse du service public de l’éducation.

• L’abrogation des réformes des rythmes scolaires et du collège avec, à la place, un accueil éducatif et ludique pour les élèves permettant d’apprendre, de jouer et de se reposer, assuré par des fonctionnaires.

• L’arrêt de la mise en concurrence des établissements et de l’introduction des techniques managériales pour gérer les personnels.