Réponse à l’APF

Je vous remercie de m'avoir transmis l'ensemble de vos propositions à la fois très complètes et extrêmement précises pour la prise en compte et la prise en charge des personnes en situation de handicap.
Je les ai lues avec beaucoup d'attention et je me permets de vous donner mon avis et ma position sur la prise en charge des personnes handicapées.

Tout d'abord en terme de respect et de démocratie : les personnes en situation de handicap et/ou leurs familles sont les mieux placées pour avoir de vraies expertises sur ce qu'elles subissent, sur leurs besoins et leurs attentes. Je défend donc l'idée qu'elles doivent non seulement être attentivement écoutées par les pouvoirs publics mais que leurs associations doivent jouer un rôle actif dans la prise des décisions politiques, administratives, techniques concernant la vie de leurs membres. Sur de nombreux sujets (aménagement des espaces publics, logement, transport, lieux culturels, écoles...) je pense que les associations devraient avoir un droit d'opposition aux projets si ceux ci ne permettent pas l'accès et /ou le bien être de tous et toutes.

En matière d'aide aux enfants : aujourd'hui encore des enfants présentant un handicap ne sont pas scolarisés dans les établissements scolaires, 1 sur 2 quitte l'école avant l'âge de 10 ans parce que les moyens ne sont pas suffisants. Je souscris pleinement à votre proposition de « plus de maîtres que de places », sa réalisation sera utile à tous les enfants handicapés ou non. De plus, je souhaite créer autant de postes que nécessaires d'accompagnateurs qualifiés afin que cette situation de non scolarisation profondément injuste et inégalitaire disparaisse.

Pour les jeunes et les adultes : la création de ce que vous appelez « revenu d'existence » est intéressant car il est facteur d'égalité. Encore faut il que son montant soit suffisant pour qu'il permette de vivre décemment. Je pense que tout le monde devrait bénéficier d'un revenu égal au SMIC que nous estimons devoir s'élever à 1700 euros. Personne ne doit être obligé de vivre en-dessous. Il y a encore davantage de chômage pour les adultes en situation de handicaps que pour les autres personnes, nous pensons que les postes de travail doivent être adaptés comme cela se fait, bien qu' insuffisamment, dans le privé grâce à l'AGEPHIP, et qu'ils doivent l'être systématiquement dans le public. Les quotas d'embauche de personnes handicapées doivent être augmentés et celles qui 

ont besoin d'être accompagnées doivent l'être.
La liberté d'aller et venir : effectivement elle doit s'appliquer à tous et

toutes. Nous pensons que toutes les constructions publiques, les espaces publics, les lieux culturels et sportifs doivent être accessibles. Je suis pour renforcer les obligations en la matière et augmenter sensiblement les sanctions pour les donneurs d'ordre contrevenants.

Pour financer ces propositions qui seraient utiles à la société toute entière, nous pensons qu'il faut d'abord une politique agressive contre la fraude fiscale, 80 milliards annuels en moyenne, qui pourraient être utilisés pour les différentes urgences sociales dont celle liée au handicap. Nous sommes également pour une autre fiscalité très progressive qui permettrait de mobiliser la richesse des plus riches pour répondre aux besoins de tous et toutes et en particulier les personnes ayant davantage de difficultés.

Je pense qu'il faut lutter très fermement contre les discriminations que subissent de nombreuses personnes aujourd'hui, les personnes handicapées, les étrangers, les jeunes issus de l'immigration etc... L'éducation est primordiale, bien sûr. Mais l’État doit donner l'exemple en prenant des mesures sociales d'égalité et de reconnaissance ainsi que des mesures fermes pour sanctionner racismes et discriminations.

Les quelques mesures sur lesquelles je m'engage ne seront satisfaites que par nos luttes, celles que vous menez depuis des années avec d'autres associations. Vous pouvez compter sur mon soutien indéfectible.