Évelyne Le Guern lutte pour Philippe Poutou

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Ouest-France
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ILS MILITENT. Premier volet de notre série sur l’engagement militant. À l’approche de l’échéance présidentielle, Évelyne Le Guern, salariée de Synutra, a clairement choisi son camp : son vote ira au NPA.

Au premier abord, elle peut paraître menue. Pourtant Évelyne Le Guern a une sacrée énergie et une belle gouaille.

À l’approche des élections, ne lui parlez pas d’Emmanuel Macron. Les propos de l’ancien ministre sur les « illettrées » de l’agroalimentaire, Évelyne Le Guern ne les a « toujours pas digérés. Ce n’est pas correct. On ne peut pas parler comme ça », assène-t-elle.

Licenciement et formation

Et l’agroalimentaire, elle en connaît un rayon. Avant d’intégrer l’usine de lait en poudre Synutra, à Carhaix, dès sa phase de travaux, elle a passé 400 heures à se former, « à galérer sur les bancs, comme à l’école. Ce n’est pas pour entendre ça. »

Non, le cœur politique d’Évelyne Le Guern bat pour le NPA, le Nouveau parti anticapitaliste. « J’ai toujours voté de ce côté-là », assure-t-elle.

Marine-Harvest

Sa première carte au parti et son saut dans le militantisme sont intervenus en 2013. La date coïncide avec le mouvement social de Marine-Harvest Kritsen, l’usine de saumon de Poullaouen, où elle était ouvrière. « Les militants du NPA ont été là, avec nous, à lutter jour et nuit. Ils ne nous ont pas laissés tomber », se rappelle la militante, qui a dû retrouver un emploi à la cinquantaine.

« À ce moment-là, ce n’était pas pour les primes que nous nous battions, c’était pour l’emploi. »

La lutte

La lutte, c’est peut-être ainsi qu’elle résume le mieux le NPA. Pour autant, elle ne souhaite pas voir le mouvement comme agressif ou violent. « Oui des fois il y a de quoi arracher une chemise. Mais pour certains, désormais, la lutte est aussi le seul moyen de se faire entendre ! »

« Un ouvrier, comme moi »

Alors tout naturellement, pour l’élection présidentielle, elle soutiendra et votera pour « Poutou ».

Elle l’explique facilement : « C’est un ouvrier, comme moi. Il comprend nos situations, il sait de quoi il parle. »

Preuve à l’appui, la militante cite une proposition du candidat NPA : « La retraite à 55 ans pour les boulots pénibles. Parce que ceux-là, ils partent à la retraite comme les autres, mais ils ont moins le temps d’en profiter. Ils sont cassés. »

Et les autres...

Si elle estime que Jean-Luc Mélenchon n’est « pas mauvais », et qu’elle reste polie face au PS de Benoît Hamon, pas question d’entendre parler de François Fillon, mis en examen pour « détournement de fonds public ». Ni de Marine Le Pen, « jamais. C’est notre opposé. Je n’aime pas du tout l’idée de la fermeture des frontières », argue l’ouvrière.

Sur le marché

Pour convaincre les autres, avec ses « camarades » de la section carhaisiennes, elle distribue régulièrement des tracts sur le marché.

« On est bien accueilli généralement. Les gens sont plutôt sympas. Je pense même que beaucoup ont de la sympathie pour Philippe Poutou. Le problème est qu’ils ne votent pas… »

Évelyne Le Guern se rend aussi à diverse réunion du groupe NPA. Ce dernier a réussi à acquérir une certaine visibilité à Carhaix, grâce à la présence d’un conseiller municipal : Matthieu Guillemot. L’un des quatre élus français du parti.

Libérateur

Son engagement militant est pour elle « libérateur. Ça me plaît vraiment. Il y a une véritable solidarité avec le reste des camarades. On sait que si l’un de nous a un coup dur, les autres seront là. »

Camarade, c’est d’ailleurs un mot qu’elle emploie presque sans se rendre compte. « Mais ça veut dire quelque chose. Vraiment. Il y a de sacrés liens. »