“Je n’ai aucune peine pour la droite”

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Philippe Poutou porte pour la deuxième fois les couleurs du NPA dans la course à l'Élysée. PHOTO PQR
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Publié par La Provence. Après une matinée passée à l'usine Ford, l'ouvrier Philippe Poutou a troqué son bleu de travail pour son "costume" de candidat du Nouveau parti anticapitaliste. "J'étais à Nantes pour aller à la rencontre de nos militants et des zadistes de Notre-Dame des Landes", confie celui qui porte pour la deuxième fois les couleurs du NPA dans la course à l'Élysée. "Jusqu'au 17 mars, je passe deux jours au boulot et trois jours sur le terrain.

Je suis en contrat à temps partiel mais j'espère bien avoir les 500 parrainages pour faire les cinq dernières semaines de la campagne à temps complet et être 100 % disponible en tant que candidat !"En attendant, il ne lâche pas son bâton de "pèlerin-prolétaire" pour sillonner la France. Avant de s'arrêter demain du côté d'Alès, il fait aujourd'hui escale à Marseille.

Jean-Luc Mélenchon est allé jusqu'à dire qu'il avait de "la peine pour la droite". Quelle est votre réaction à la possible mise en examen prochaine de François Fillon et sa volonté de rester candidat ?

Ah non ! Moi, je peux vous dire que je n'ai aucune peine pour la droite. Dans l'absolu, on s'en fout qu'il soit candidat ou pas. Cette campagne est polluée par les affaires et il n'y a vraiment pas de quoi s'en réjouir. Ce qui est désespérant, c'est que Marine Le Pen qui a aussi été prise la main dans le sac avec notamment cette affaire d'emplois fictifs des assistants au Parlement européen reste en tête des sondages. Je note aussi que malgré le "Penelopegate", c'est François Fillon qui se retrouve le premier candidat officiel en ayant passé le seuil des 500 parrainages...

Ça montre que notre système politique ne tourne vraiment pas rond et qu'il est grand temps d'en changer !

Et vous, où en êtes-vous au niveau de ces parrainages ?

Le premier comptage dévoilé hier par le Conseil constitutionnel nous donne en 8e position avec 35 parrainages confirmés. Au niveau des promesses d'élus, nous en sommes à un peu plus de 300. Nous sommes en train de les relancer pour qu'ils les convertissent en parrainages officiels. Il nous manque 200 signatures mais ce n'est pas inquiétant. Nous avons bon espoir d'atteindre le seuil fatidique de ces 500 signatures. Nous avons environ 2 000 militants au NPA et dans tous les départements, bon nombre d'entre eux consacrent leur temps sur les routes ou au téléphone pour convaincre les maires. Certains ont même pris des congés exprès. Nos forces sont quasiment à 100 % dédiées à cela.

Et en même temps, vous assumez le fait que vous ne voulez pas être Président et appelez à un "troisième tour social". Alors pourquoi présenter une candidature ?

Tout le monde sait très bien que cette élection ne changera rien. Macron, Fillon ou Le Pen, ça ne changera pas la vie des gens. La plupart des Français sont écoeurés par la vie politique mais nous, au NPA, nous sommes persuadés que le vrai changement passera par les luttes sociales. L'élection présidentielle nous permet de profiter d'une tribune pour faire entendre un vrai discours alternatif et anticapitaliste.

Lors de votre passage, samedi soir, à l'émission "On n'est pas couché", vous vous êtes retrouvé au milieu d'un fou rire des animateurs alors que vous étiez interrogé sur les licenciements. Cette séquence a fait grand bruit.

Ah ça oui, en effet, on ne me parle que de ça... Mais j'avoue que je suis agréablement surpris par l'ampleur prise par cette affaire sur les réseaux sociaux et par le traitement médiatique qui a suivi. Même Le Figaro a pris ma défense !

Présidentielle : Fillon a obtenu les 500 parrainages, découvrez où en sont tous les autres candidats

Réunion publique à 19 heures à Marseille au théâtre Mazenod, 88 rue d'Aubagne.

Laurent Alexandre