Limoges : « S’affronter aux possédants »

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Article paru dans L'Echo du centre, le 27 janvier 2017. 

Il est arrivé de Bordeaux en voiture pour tenir une réunion publique et est reparti après. Le slogan «un ouvrier candidat pour la rupture avec le capitalisme» n'est pas usurpé. Deux jours à 1' usine la semaine, surtout en ce moment où les salariés sont en lutte « J'ai pu faire une jour de grève avec eux». Philippe Poutou mène aussi campagne puisque comme en 2012, il représentera le NPA à la présidentielle.

 

APPEL AUX DEMOCRATES POUR SES SIGNATURES

Il mène campagne, mais pour l' heure Philippe Poutou n'a que la moitié des signatures exigées pour être candidat. L'occasion de lancer un appel aux élus «on tient à y être, il faut qu'un ouvrier anticapitaliste soit là.» On ne peut pas mieux dire. C'est vrai qu'il serait affligeant que Philippe Poutou n'obtienne pas les 500 parrainages.

Mais on veut croire que les démocrates feront le boulot ici, comme ailleurs. « De plus, on est complètement écartés des médias nationaux, ce qui nous complique la tâche» poursuit Philippe Poutou qui veut aussi mettre en avant dans cette campagne, le boulot que font les militants.

« La situation sociale est dure, la crise pèse, On a perdu tellement de luttes comme celle contre la loiTravail. que les gens n 'y croient plus. Notre combat est celui contre la résignation. il faut s 'affronter aux possédants.»

«PS et écologistes ont mené une politique de droite, il faut qu'ils assumenpoursuit Philippe Poutou qui ne cache pas qu'à la gauche de la gauche où on situe son parti «il y a des divergences profondes avec les autres candidats.»

Le candidat NPA ne croit pas notamment que la VI• République va changer les choses. «C'est la population, les travailleurs, les exploités qui doivent se battre eux-mêmes pour répondre à la misère. au chômage, à la précarité. Il faut qu'on ait confiance en nous-mêmes.C'est la parole que nous portons et ce sont ces débats que nous voulons ouvrir.»

« Il faut changer la société pas le président.» Voilà résumée la pensée de Philippe Poutou. S'attaquer au food du problème, pas à ses artifices. « De l'argent, il y en a et beaucoup, nous devons donc nous battre pour imposer une politique sociale.» Car il en est persuadé, à un moment ou à un autre, «les injustices vont provoquer la colère parce que la lutte des classes. c'est dans les deux sens.»

« L'accueil des réfugiés, le vote Le Pen lié au manque de perspectives, la propagande libérale, le chômage, la précarité, la difficulté de se soigner... » autant de sujets que le candidat met sur la table.

« Ici et là, il y a des résistances, il faudra bien les faire convergence conclut avec optimisme Philippe Poutou.

 

C.A.