Une fausse démocratie où la course aux profits fait la loi

Copyright :
Photothèque Rouge / MILO
Étiquettes

Le système politique dans lequel nous vivons n’a rien de démocratique. Les partis politiques sont interchangeables, les politiciens n’aspirent qu’aux postes de gestion des affaires de la grande bourgeoisie. Le président est élu tous les cinq ans et, une fois élu, est irresponsable et peut ne pas tenir ses promesses électorales. Les députéEs sortent des grandes écoles de l’administration, ou ils sont avocats, ou médecins, quand ils ne sont pas directement des hommes d’affaires comme cette dynastie des Dassault, marchands d’avions de guerre et députés ou sénateurs de père en fils sur trois générations. Les députés sont des hommes à 74 % et « blancs » à 98 %, et sont eux aussi inamovibles pour cinq ans, touchent des revenus mirobolants. Ils ne nous représentent en rien.

Lorsque certains d’entre eux ont des scrupules à voter des mesures trop impopulaires, le Président et le Premier ministre ont même dans leur poche un article 49.3 pour clouer le bec à la chambre des députés. Belle caricature de « démocratie » dont nous avons eu l’exemple au printemps dernier avec la loi El Khomri.

La première exigence démocratique est de balayer ce système corrupteur… et corrompu : 

• Nous défendons des exigences démocratiques élémentaires : ­suppression de la présidence de la République et de ses pouvoirs exorbitants, suppression du Sénat – assemblée de notables élus par les notables –, proportionnelle intégrale, droit de vote à toutes les élections pour les résidentEs étrangerEs, interdiction du cumul des mandats et de plus de deux mandats consécutifs dans la même fonction, indemnité correspondant au salaire moyen d’un ouvrier ou d’un employé (actuellement 2 300 euros brut par mois… alors qu’un député reçoit au total plus de 13 000 euros brut par mois – sans même parler des dérives de ce système, comme le rappelle avec force « l’affaire Fillon »... 

• Pour mettre en œuvre tout cela, une exigence démocratique élémentaire est de mettre à bas la Constitution de la Ve République, imposée sans le moindre débat après le coup d’État de De Gaulle en 1958.

Mais ces exigences démocratiques élémentaires imposent aussi de s’attaquer aux lieux réels de pouvoir : les banques, les grands groupes capitalistes, dont les dirigeants ne sont désignés que par leurs plus gros actionnaires, détiennent un pouvoir bien plus réel que les assemblées élues. De même, la démocratie s’arrête à la porte des entreprises : les salariés perdent tout droit réel et y sont soumis à l’autorité et à l’arbitraire patronal.

Les capitalistes s’arrogent le droit de licencier, de fermer des unités de production, de bloquer les salaires, de développer des productions polluantes, sans en rendre compte à quiconque : face à cela, nous devons remettre en cause le pouvoir patronal, à commencer par la propriété privée des moyens de production qui enlève à la population la maîtrise des richesses produites et des choix de production. La démocratie ce n’est pas choisir tous les cinq ans des « représentantEs », c’est au jour le jour être maître des décisions vitales pour sa vie quotidienne dans l’entreprise, la ville, le quartier… sans déléguer ce pouvoir à de prétendus expertEs ou spécialistes.